L'édito de Jeff Lubrano

J'ai connu mes premières joies sur un surf à l'âge de treize ans. Mes premiers papiers de journaliste étaient pour Surf mag, magazine français de surf lancé l'année de la chute du mur de Berlin — tout un symbole de frontières abolies !

J'ai eu la chance par la suite d'exercer des métiers qui m'ont permis de parcourir le monde, et j'en ai profité pour surfer les sept mers du globe, skater et snowboarder les cinq continents.
C’est la glisse qui m'a transmis la passion de la Nature et qui m'a enseigné l’humilité et le
respect qui lui sont dus, faisant miens les mots de Francis Bacon :

« On ne triomphe de la
Nature qu’en lui obéissant. »

Skate, surf, snow, parapente, chute libre, SUP, paddleboard, speed riding, Snowscoot,
Airboard, kite… J'ai collectionné les engins improbables, me passionnant pour les nouvelles
glisses en tentant chaque fois d’y repousser mes propres limites. C'est ainsi que j'ai pu constater, partout sur la planète, la dégradation des écosystèmes, ainsi que l'accumulation de plastiques envahissant les plages des spots de surf que j'imaginais intouchables et préservés.

C'est ainsi que j'ai décidé de m'impliquer, à ma petite échelle, d'abord en favorisant l'arrivée de la Surfrider Foundation en France dans les années 90 grâce aux magazines de glisse que j'éditais (B-side et Caramba!), puis en devenant plus récemment artiste-lanceur d'alerte en créant une installation d'art environnemental, la Larme du Perche, destinée à attirer l'attention sur la pollution des ficelles plastiques utilisées dans le ficelage des balles de fourrage agricoles en polypropylène, en partenariat avec le Parc Naturel Régional du Perche, les agriculteurs de l'Orne et l'éco-organisme qui gère les déchets agricoles en France, Adivalor.

"Le rôle de l'art n'est pas de critiquer la réalité, mais de la Changer" — John Dewey

Mes installations artistiques permettent d'attirer l'attention des populations sur une problématique de déchets, mais aussi de sensibiliser les médias et d'interpeler les autorités. Dans le cas de la Larme du Perche, l'installation a permis de déclencher un projet de collecte des ficelles de balles de fourrage dans la filière équine dans la Région Normandie, à l'instar de ce que font les agriculteurs. Quand une petite installation artistique réussit à déclencher un projet d'expérimentation de filière de recyclage à l'échelle d'une région, on est en droit de croire, avec force et conviction, que d'autre œuvres et de nouvelles initiatives, les vôtres, pourront un jour faire bouger les lignes.

Le but d'ARTYFiCiEL est de donner à voir ce que l'art et le design apportent concrètement à la prise de conscience environnementale actuelle, et d'informer sur les projets des artistes, des marques, des industriels, des associations, des ONG et des gouvernements en matière d'économie circulaire.

Nous chercherons chaque fois à inspirer, par ce blog, mais aussi sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook. Chaque saison nous mettrons en ligne le magazine digital d'ARTYFiCiEL, et publierons occasionellement grâce à nos sponsors une version papier annuelle qui accompagnera l'organisation de notre Festival ARTYFiCiEL, dont la première édition aura lieu à l'automne prochain.

Artistes, artisans, designers de l'économie circulaire, ces pages vous appartiennent : venez y présenter vos projets, y trouver l'inspiration, y consulter les recettes créées par d'autres, afin de faciliter l'avènement de ce monde circulaire qu'il est aujourd'hui impératif de bâtir.