Lyspackaging produit des bouteilles en plastique végétal à partir de bagasse, le déchet de canne à sucre.

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A Saintes en Charente-Maritime, Nicolas Moufflet a créé des bouteilles en plastique végétal 100 %, biodégradables et recyclables à l'infini à partir de la bagasse, déchet de la canne à sucre..

Il a fondé son entreprise Lyspackaging en 2015, et commercialise depuis des bouteilles et flacons « sans une seule goutte de pétrole », contrairement à l'immense majorité des plastiques vendus à travers la planète. Le procédé est unique au monde, aucun industriel n'ayant encore investi ce créneau. Plus de 22 000 tonnes de plastique issu de l'industrie pétrochimique finissent pourtant chaque jour dans les océans.

Clé du process : la bagasse, le déchet de la canne à sucre, aux propriétés étonnantes.

J'ai développé spécifiquement des granulés de bagasse optimisés pour recevoir des aliments »

Transformée en plastique végétal, la bagasse garde la faculté d'être recyclée ou de se composter facilement. « Une alternative crédible au pétrole », fait valoir cet entrepreneur auréolé de plusieurs prix et du soutien de Bpifrance, la Banque publique d'investissement.

Le carnet de commande est plein : Lyspackaging espérait atteindre une production de 700 000 bouteilles végétales cette année. Elle devrait aisément franchir la barre des deux millions, avec des commandes du Palais de Tokyo, le Centre d'Art Contemporain parisien, et de grands groupes français de l'agroalimentaire et du luxe.

Nicolas Moufflet rêve d'une filière capable de mieux valoriser les déchets verts.

A ses plastiques végétaux issus de la bagasse, l'ingénieur peut désormais adjoindre des noyaux d'olive broyés, des roseaux ou des pépins de raisin. Coquilles de crustacés, déchets de céréales ou de légumes : « Nous allons attaquer une bonne dizaine de nouveaux coproduits ! Leur quantité varie de 1 à 20 %, cela dépend du rendu que l'on veut obtenir ». Il rêve de « créer de nouveaux codes pour le consommateur » : demain, l'huile d'olive se vendra dans une bouteille en noyaux d'olive. Economiquement, cette voie a des atouts : « Les déchets verts s'achètent aujourd'hui une misère."

Les bouteilles végétales sont encore 30 % plus chères à l'achat. Mais l'important reste d'avoir validé ce process, et d'avoir démontré que c'était possible. De quoi inspirer les plus talentueux des designers intéressés par l'économie circulaire.



Jeff Lubrano

Directeur Artistique et artiste engagé pour la 🌍 chez Fertile, studio de design circulaire à Paris / Editeur d'ARTYFiCiEL magazine / Ambassadeur de 5 Gyres institute / Mentor au Circular Economy Club.

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