La Belle au bois d'ordures...

. lecture : 2 minutes

Artiste plasticienne autodidacte et danseuse de formation, Véronique MAGNY s'engage pour une revalorisation permanente de nos rebuts.  Depuis son atelier situé dans l'Ariège elle confectionne des œuvres pour sublimer le corps des femmes.

En art, comme dans tous les domaines de production, il est nécessaire de trouver des matériaux. Quoi de plus évidant pour Véronique MAGNY que de puiser dans une source pour le moment intarissable : nos déchets.

« J'allais souvent traîner dans les déchèteries. Je me suis dit que je voulais en faire quelque chose de précieux » nous dit-elle. Cette confession en forme d'acte de foi est  le fondement d'une démarche entreprise au début de notre millénaire. Bâche en plastique vert-pomme, fleurs de cimetière patinées, les matériaux choisis détonnent et étonnent. Avec sa première création poétiquement nommée « La belle au bois d'ordure » Véronique MAGNY nous invite à regarder singulièrement le monde de la haute-couture. Mais réduire l'oeuvre de l'artiste engagée et talentueuse à la seule création stylistique serait imprécis.

Le concept de Véronique inclus également des performances scéniques (créations en direct), des créations événementielles, des installations (« L'habit nous parle de notre histoire ») et des ateliers pédagogiques autour de l'art du recyclage.

Prouesse essentielle à notre respiration dans un monde encombré de déchets, l’œuvre « de faire du beau avec de l'ancien » interpelle.  Véronique MAGNY joue en virtuose une partition élégante et sensuelle. Elle déjoue les pronostiques pessimistes qui supposent que de nos déchets on ne fera rien  qu'un tas grandissant à l'infini. Son travail démontre le contraire. « A la manière d'un alchimiste, j'aime l'idée de transformer les déchets en or ! » affirme-t-elle.

Nous le savons désormais,  le monde de la mode fait parti des plus gros pollueurs de la planète il est urgent de trouver des alternatives. Dans ce contexte je trouve le travail de Véronique MAGNY rafraîchissant et courageux. Observer ses créations illumine notre regard  et définit les fragments d'une nouvelle ère ou le déchet devient lumière.

— Willy Lespa. Photos Thierry RAJIC